Jack Reacher pour les nuls

Ecrit avec doigté parPolo le peintreVendredi, Janvier 11, 2013 - 10:18

Alors ça se passe au pays où les pans se multiplient plus que les pains, 5 honnêtes citoyens Américains se promènent en pleine journée quand ils décident de se la jouer JFK. Résultat, les mecs chargés de la voie publique ils sont encore pas jouasse, ils vont encore devoir frotter. Apparaît un enquêteur de choc, costard bien propre, maniaque, au jugement bien arrêté, le "pain in the ass" parfait, il s'appelle Emerson. Il est petit et black histoire que Jack puisse donner la réplique yeux dans les yeux sans qu'on lui fasse trop d'ombre. Pour casser les clichés le petit black trouve le coupable idéal un grand blond aux yeux bleus... (original, vous noterez la petite audace de ce casting).

Depuis le départ on sait que ce n'est pas le grand blond aux yeux bleus, mais un méchant avec un accent poutine touch' qui a fait son Oswald. Toujours que pendant ce temps le grand blond aux yeux bleus, il est dans le pétrin, alors pour toute réponse à son interrogatoire par le petit black, il écrit Jack REACHER !  Après direction l'hôpital.(puisqu'entre temps il se fait casser la figure par des codétenus mexicains, donc il ne sert plus à rien)

C'est à ce moment que tout le monde s'interroge, mais qui peut bien être Jack Reacher ? Il faut le trouver. Donc pour la faire longue, Jack c'est un justicier, qui comme tous les anonymes américains, a fait toutes les guerres "propres" Balkans, Irak x2, Afghanistan. Sauf que lui c’était en tant que policier militaire, il a dû passer son temps à arrêter les gentils qui faisait pipi sur les prisonniers. Pour ça il a toutes les médailles que l'armée peut décerner. On suppose donc que Jack c'est pas un rigolo. 

Depuis il est à la retraite il fait que prendre le bus sans un bagage. Il vit à la dure avec une seule tenue, le parfait "outfit" du worker Américain moyen : un pantalon, un t-shirt, une chemise de bucheron canadien, une veste en cuir top gun, une paire de chaussettes Adidas, des Caterpillars, il les lave donc une fois par semaine dans le lavabo de son motel. (C’est la petite touche : "c'est la crise pour vos héros aussi" belle preuve de solidarité Tom). 

Jack c'est aussi un féru de cinéma, il a tout vu : Batman, Drive, Xmen, Rain Man et il veut que ça se sache. Comme à l'image d'un docteur Xavier sur pattes, il est un peu télépathe, Jack, tu dis son nom, tu penses à lui, et ben il arrive dans ton bureau. (je vous rappelle que tout le monde le cherche alors c'est pratique pour le scénario) 

Jack, il se la raconte un peu Rain Man, genre quand je fais une enquête je suis trop fort, je prends pas de notes, je suis obsédé par les petites pièces de monnaie et les numéros de série des armes, en plus je connais par coeur le numéro de téléphone des méchants. 

Jack, il aurait aussi bien aimé jouer dans Batman. C'est pourquoi il aime tant la bagarre sous la pluie avec la fameuse du technique moignon fight. Technique qui consiste à se battre qu'avec les genoux et les coudes, sans les mains, sans les pieds, sûrement une technique inventée par un instructeur qui avait dû rater une partie de démineur.

Enfin Jack, il a vraiment kiffé Drive, d'où sa une fâcheuse tendance à ne voler que le même modèle de voiture et quand la couleur lui va pas, il en tire une autre dans une couleur différente. Son choix définitif se porte sur du rouge, le noir c'était trop discret et le rouge c'est plus raccord avec sa petite veste en cuir marron. Comme Jack ne touche qu'un RMI, il aime bien se la péter en mustang volée, il aime tellement ça qu'il fait des ralentis quand il passe la marche arrière en voyant le petit black. (Suspens intense, passera-t'il la première pour échapper au petit black à pied... ?) le tout sur fond de musique électro bien rythmée. Reste qu'à force de faire son petit malin, Jack casse le boitier de vitesse et doit finir ses courses poursuite en noctambus.

Et le cul dans tout ça, parce que dans tout bon polar il y a toujours le loup solitaire qui se tape la petite poule intello. Avec Jack, c'est la grosse déception, bien qu'il travaille avec une avocate nymphomane qui ne peut s'empêcher de lui montrer ses boobies. Jack n'en a que faire, il préfère l'allumer torse poil quand il lave son linge avec son OMO spécial lavage à la main puis se barrer en gros chacal (ici nous atteignons le climax de la tension sexuelle du film). Ça va même plus loin, lorsque dans un bar la Zahia du quartier s'approche pour lui proposer une petite virée. Lui, il sourit et la traite de petite salope, mais en bon gentleman précise que ce n'est pas une pute (je crois qu'on appelle ça un "opener" chez les coaches en séduction).  En fait, Jack doit certainement préférer les mecs, il veut du contact viril, de la castagne, du MMA hollywoodien, et plus ils sont nombreux, mieux c'est. 

Donc pour en revenir à cette enquête passionnante, Jack fait sa contre-enquête tout en cassant la gueule à plein de figurants. Puis, il soupçonne le petit black de pas être tout blanc, tout blanc dans cette affaire. Effectivement, le petit black kidnappe l'avocate nymphomane pour le compte des méchants à la Poutine Touch'. Parmi ces méchants, il y a le boss à la Staline Touch' qui pour survivre dans une prison avait rien trouvé de mieux que de se bouffer les doigts. En plus, il te regarde que d'un oeil, un vrai méchant en somme. Dans la vraie vie, le mec c'est le big boss du Century 21 du coin (franchement, je demande à voir la gueule des contrats que signe le mec, ça doit pas être joli, joli). Bref, là, le spectateur comprend pourquoi les gentils citoyens se sont fait buter, une vilaine histoire de syndic avec le Century 21. 

Vu la situation, Jack intensifie son enquête. Celle-ci le mène au Wallaby du coin, un stand de tir tenu par un vieux qui kiffe trop les vétérans. Donc le vieux tonton flingueur va aider Jack à tuer des méchants en mode Rambo. Sauf que papy, il est presque aveugle alors il tire un peu comme une chauve-souris, c'est-à-dire n'importe où. Jack se retrouve dans la mouise mais c'est pas grave, il a un couteau, alors ça va, il va pouvoir défoncer tout le monde sans se blesser jusqu'au boss final (Jack Reacher c'est un peu comme jouer à double dragon plein de petits méchants faciles à dégommer pour atteindre le boss final).

Nous arrivons donc à l'apogée du film. Jack il est décidément fan de Batman, bien qu'armé, il décide de se battre à moignons nus, toujours sous la pluie, parce que c'est plus chorégraphique (du genre quand je me bats c'est Flash Dance  Pif ! Paf ! Pouf ! y'a plein de gouttes d'eau qui giclent de partout avec mon moignon fight impeccable. En plus je suis obligé de crier pour que tu m'entendes si je t'insulte parce que la pluie, ça fait du bruit). Du grand cinéma d'action !

Au final, Jack a tué tout le monde sans une égratignure. L'enquête, on s'en fout et l'avocate nymphomane est restée grave en manque puisque Jack se rebarre comme à son habitude en transport en commun.

PS; si vous avez trouvé cet article trop long, c'est que vous n'avez pas vu le film, que pour le coup vous risqueriez de trouver vraiment long. Donc merci ra7or.

Et si par hasard, vous l'aviez vu. Réjouissez-vous ! Jack Reacher c'est 17 bouquins!!!!