Les nouvelles périodes féminines

Ecrit avec doigté parPolo le peintreMercredi, Janvier 16, 2013 - 09:47

Tout le monde connaît le fameux cycle féminin basé sur un calendrier lunaire de 28 jours, la pleine lune étant souvent un bon indicateur du moment où nous les hommes devrons prendre congé de nos moitiés ou d'éviter de croiser une shewolf. Le risque de voir rouge à l'approche d'un instant charnel et d'être confronté à une des dix plaies d'Égypte est fort probable. À moins d'être fan de Twilight, cette distance temporaire vis-à-vis du sexe féminin vous évitera une mauvaise humeur récurrente, une veste ou une frustration intense.

Cependant un nouveau cycle existe depuis le début de notre ère moderne. Ces nouvelles périodes se basent sur un cycle bi-annuel économico-consumériste, lors de conjonctures difficiles celui-ci peut prendre des aspects frénétiques. Cela se passe tout au début de l'hiver et de l'été. Non, ce ne sont pas les solstices, mais bien les Soldes. La femme va connaître pendant ces périodes de 5 semaines et tout particulièrement pour le prêt-à-porter, des sentiments intenses et pratiquer des rituels précis. Telles, des "Zidanes" aux talons hauts buvant leur Coca Light avant l'effort, "toujours les mêmes gestes" : 

La promenade nonchalante, le va-et-vient du poignet rapide et alerte entre les cintres, un coup d'oeil recto-verso, puis la prise du vêtement bras tendu vers l'avant pour un point de vue global, s'en suit l'application contre le corps pour laisser place à une moue de réflexion. Si c'est un refus, le vêtement sera indélicatement déposé hors de son rayon. Si c’est une acceptation, le vêtement finira sur un avant-bras entassé avec d'autres. Celui-ci devra encore passer l'épreuve de la bonne couleur puis de l'essayage, si la patience de la demoiselle n'a pas failli entre temps à la suite d'une poussette " de la grognasse de derrière". À l'occasion, ce vêtement pourra être qualifié de " ça fait pute " ou de "j'ai l'air d'une pétasse ", le gagnant ultime sera gratifié d'un "il me va trop bien ! Je le prends".

Célibataire ou en couple, en tant qu'homme vous êtes parfois amenés à remplir votre devoir d'accompagnateur dans ce périple vestimentaire. En couple, sachez qu'un torticolis pour acquiescement intense de la tête est un risque à courir. Cependant, il vous faudra surtout ne jamais donner un avis tranché, la femme se trouvant ici dans état de susceptibilité intense. Durant cette attente interminable, vous pourrez vous consoler avec le sourire compatissant de la charmante vendeuse, en lui rétorquant un sourire d'homme casé, mais loin du champ de vision de votre compagne (très, très important, car vous êtes à ce moment précis dans une phase de soutien psychologique de votre bien-aimée, évitez de passer en mode traître infidèle ). En revanche, si vous croisez le sourire vicieux du "charmant" vendeur, vous aurez le réflexe naturel du "chérie chérie, où es-tu ? Ah ! je te cherche partout".

En célibataire, accompagner une "date" peut vous donner l'occasion, d'une part de vérifier la marchandise si des doutes persistent. D'autre part, de vous mettre en valeur à travers un certain sens du goût et de l'esthétisme. De plus, pour un homme sans attaches, plusieurs cas de figure peuvent apparaitre selon la fille accompagnée:

- La nympho, non sans vous déplaire, vous pourriez devenir un vulgaire objet, essayé dans une cabine d'essayage. À vous de finir en "il me va trop bien ! je le prends" et non pas en "ça fait pute ".

- La grande dépressive, si la personne que vous accompagnez vous entraine dans une boutique de robes de mariée. Fuyez !

- La sexfriend, pour un plan cul, ça vous permettra de ne pas engager de conversation grâce au célèbre hochement de tête d'adhésion et du compliment télescopé "ça te va super bien, tu es magnifique". Ceux-ci feront largement l'affaire, notamment si elle s'est arrêtée à la lingerie, l'arrêt péage avant son lit.

Au-delà de ces rituels immuables, les soldes restent, pour nous les hommes, une période délicate en dehors des boutiques. Effectivement, la femme peut passer par de nombreux états. Un état d'euphorie dans le cas d'une vente presse pré-soldes, lui ayant permis de dénicher LA paire de chaussures et LA petite robe du couturier dont elle est fan. Quelle que soit votre situation maritale, vous ferez face à un spécimen en pleine parade nuptiale, vous pourrez rentrer vous même dans une période de rut suite à quelques achats stylistiques.

Mais parfois, la grande tristesse voire la désolation peut l'envahir. En toute circonstance, c'est une capricieuse que vous subirez. Déçue de ne pas avoir trouvé la robe ou le top du top qu’elle souhaitait. Elle sera somme toute encore consolable et vous pourrez vous en sortir avec un bon resto, ou un petit cadeau-surprise (un bijou d'exception pas en solde. Aie !). En gros une situation gérable, mais dont le portefeuille souffrira.

Vous vous heurterez également au sentiment de déni de beauté, votre copine aura pris 500 grammes, sera persuadée de ne pas trouver la bonne taille ou se rendra compte qu'elle a pris une taille, et c'est là que ça se complique. L'argumentation en couple sera beaucoup plus difficile puisque de toute manière elle se trouve moche malgré une pêche aux compliments miraculeuse, rien n'y fera. Pour les séducteurs, cela sera plus simple, dans ce grand moment de vulnérabilité,  il suffira de la faire se sentir belle d'un regard pervers.

En conclusion, les soldes c'est une période effervescente de la vie d'une femme, c'est aussi période d'épreuves ou de découverte pour un homme. C'est surtout la période du ni repris - ni échangé. Mis à part pour nos amis libertins, vous vous direz qu'une meuf c'est finalement souvent en solde, parce que ça serait vachement plus sympa si on pouvait retourner dans le bar où on la choper pour dire au barman : " non désolé finalement les seins sont trop petits et puis j'aime pas les brunes, elle me va pas,  je vais vous prendre l'autre modèle du fond, la blonde aux gros seins, elle fait plus pétasse, je préfère".