Case of the ex

Ecrit avec doigté par: Jean-KévinMillésime 2009

A-t-on le droit de se taper l’ex d’un pote ?

Au même titre que l’immigration, la politique monétaire et Raymond Domenech, il est des sujets sur lesquels nous avons tous des idées préconçues. J’ai toujours été nul pour les réponses simples, je vais donc procéder à l’analyse sémantique du sujet et tenter d’y apporter une réponse. Théorique. A-t-on / le droit / de se taper / l’ex / d’un pote ?

Olivier Aton. Un beau gosse qui jouait pour la Nu team. Lui ne ferait pas ça. D’une parce qu’il est ballonophile et que les filles ne font pas partie de ses préoccupations. De deux parce que de mémoire, Patty
n’était pas ouf, donc ses potes non plus n’avaient pas de petite amie. Pas d’évolution possible Salameche-> Dracofeu, meuf-> ex.

Conclusion #1 : Ça dépend de « qui » se tape l’ex. S’il s’agit d’un bon garçon, on peut lui accorder le bénéfice du doute. Ouais, je sais, ça fout la rage, mais il faut bien des privilèges quand tu niques peu. En fonction de l’historique sexo-relationnel du coupable, on va lui trouver des circonstances atténuantes. (Rien à voir, mais pensez à toujours effacer vos textos, historiques MSN, Facebook, etc. si vous ne voulez pas finir sur VDM. On n’est jamais trop prudent.)

Le droit. Droits et devoirs, vieille question. Ayant une sympathie profonde pour les criminels, j’opterai pour une parade de Drift King. « Ce n’est pas ma faute, c’est ma générosité… Elle était trop triste sans toi Marco, j’étais juste là pour l’écouter et ça a dérapé ». Comprendre : « Putain, c’était une vraie morte de faim, je n’ai jamais vu ça, sans déc ça faisait VRAIMENT qu’une semaine que vous n’aviez pas… ? » Dans ce cas de figure seulement, j’irai jusqu’à parler d’un comportement héroïque : en réconfortant l’ex de son pote, ce garçon a évité à cette jeune fille d’aller coller sa limace n’importe où dans les bars. Ça reste dans la tribu, et on lui évite une réput de salope. Du bénévolat en fait.

Conclusion #2 : faites passer ça pour une cause humanitaire, vous en ressortirez Gandhi. En revanche, s’il s’agit d’autre chose qu’un ouannaïtstènde et qu’en plus vous voulez faire des??? « Sentiments »??? (Horrible), là je m’avoue impuissant.

Se taper. Verbe du premier groupe. Synonymes : l’embrasser? Avec elle, coucher? La sodomiser sans autre forme de procès ? Tout dépend de vos valeurs, de ce qu’elle cherchait. « Tu l’as voulu, tu l’as eu… »

Conclusion #3 : mon idole John-David est un imposteur. Parmi ses 780 conquêtes annoncées, certaines n’ont expérimenté que du bucco-buccal. Déçu. Se taper quelqu’un est donc plus complexe à définir que « se
taper un Big Tasty ».

L’ex. C’est un sale type chauve qui veut du mal à Clark. On l’aura donc compris, l’ex est forcément un personnage mythologique négatif pour le héros. Synonymes : la sale pute, la radasse, le vagin qui m’occupait la nuit. Tout ce champ lexical amoureux ne doit pas effacer deux données primordiales : la durée et l’intensité d’une ex. Se mesure au temps qu’on met pour s’en remettre. C’est comme une étoile noire (Marche impériale), ça a pris du temps à construire et ça fait mal, de vivre sans toi.

Conclusion #4 : tu as envie de tabasser les gens qui te disent « oh, ça va, tu la connaissais depuis une semaine seulement ». Je te comprends, c’était intense, tu la considères comme une ex à vie. Nous aborderons un autre jour la propriété permanente qu’implique un acte sexuel entre deux personnes (consentantes).

Un pote. Un ami, un reuf, une sauce, une connaissance, un « FRIEND » ? Voir même une roue, si si, c’est mon téléphone en écriture automatique qui le dit. En allemand, on met souvent l’idée importante à la fin de la phrase, via le verbe. Là, c’est pareil. Le pote te structure, te donne le LA dans la partition de vie que tu joues au quotidien. Un pote, c’est celui avec qui tu partages ton pain à la cantine quand il n’en a plus pour son sandwich mayo. Un pote, tu es là pour lui lorsqu’il achète son premier soin anti-chute de cheveux. Tu traverses la France, voire Paris pour lui (vachement plus dur). Ton pote te prend en photo pendant qu’il levrette Manuela, tout en te tapant des checks qui t’empêchent de te concentrer sur ta relation bucco-génitale du moment. Et surtout, un pote, tu le suis à fond quand il traite son ex de pute. Après tout ce qu’il avait fait pour elle.

Conclusion#5: « I’ll be there for you, ‘cause you’re there for me toooo. Tin tin tin tin tin tin tin tin tiiiiiin ».

Conclusion générale : J’ai pris 7 au bac en philo, je crois que ma méthode d’analyse n’était que très peu au point. Ah. Quant au sujet que j’aurais pu tenter de traiter, je vous file une antisèche US very
simple. « Bros before hoes ».

PS 1 : cet article n’a aucunement été écrit pour demander pardon à un très bon pote. Le sujet c’est l’ex et non les ex.
PS 2 : ouannaïtstènde. Traduisez-le par « aventure sans lendemain » à nos amies étrangères. Beaucoup plus rentable et romanesque que le « coup d’un soir » qui ne fait rêver personne. (Just kidding)