Cette nuit, je suis tombé amoureux (no sex story)

Ecrit avec doigté par: ShywhitesharkMillésime 2007

Méfiez-vous de monsieur Gland-qui-gouverne, il gouverne mal. Méfiez-vous de sa lieutenante mademoiselle Libido, elle l’aide à commettre les plus grandes erreurs. Mais si seulement ça s’arrêtait là, on est habitué me direz-vous. On apprend à vivre avec. On gère quoi. On en arrive désormais à réfléchir au comment on va gérer la connerie avant même qu’on l’ait faite. Instinct masculin quoi. Mais cette nuit, je me suis rendu compte d’une chose. C’est que ces deux acolytes livrés de série avec la paire de glawy n’amènent pas uniquement à commettre des erreurs. Ce sont des mystificateurs également, des fourbes. Telle la chaleur du désert, ils vous font prendre des prostates pour des réverbères, un Carlos pour du jus d’orange. Ils cachent La forêt, même s’ils ne réussissent pas toujours à la faire taire…

Et quand la vérité réussit à faire son petit chemin au milieu de tout ça, lentement mais sûrement, et qu’un beau jour elle rejoint enfin votre cortex du haut, c’est tellement fulgurant que ça en laisserait un Jean-Claude Van Damme sans voix (eh oui). Et ça a la violence d’un Kinder Chocobon : comment ai-je fait pour ne pas connaître ça avant ? J’en veux encore ! oh putain, je suis accroc…

 

Tout commence à cause d’une histoire
de fesses

J’ai fait la connaissance de miss Olivera il y’a un an et demi. Disons plutôt que je l’ai rencontrée. Euh… non plus. Je me suis aperçu que nous fréquentions le même endroit de façon régulière et nous avons acté réciproquement que nous existions. Là, c’est déjà plus juste pour planter le décor.Depuis, nos échanges sont passionnants et empreints d’une telle dimension
philosophique qu’ils laisseraient Kierkegaard lui-même interdit : « salut ça va ? => Ça va et toi? ; tient t’as pris un café aussi ?
=> oui, mais moi y’a du lait… => ah cool, il fait chaud aujourd’hui !
=> à mort ! => bon j’y vais => OK bon courage => merci ».
Comme de fait il était plutôt difficile de m’intéresser à son intellect, j’ai bloqué sur son corps. Pas très grande, mais super mignonne, des petites fesses bien rondes tellement parfaites qu’elles ne méritent qu’un 501. Je ne m’attarde pas sur ses seins idéals sinon mon post va faire plus de trois pages et l’ordi va comme par magie partir dans une lévitation non contrôlée… Et des yeux, des yeux pétillants et coquins assortis à un sourire ravageur… Une vraie petite star du porno en puissance. Donc, en gros, depuis un an et demi, je me contente de mater. Et je mate. Et je re-mate. Et je la compare aux filles que je croise dans la rue. Et que je croise dans mon lit. Et elle n’a pas quitté le top 3 depuis un an et demi… Enfin bref vous l’avez compris, elle est devenue une icône sexuelle à mes yeux.

Perverse perversion

Du coup, j’ai cru être guidé par mes instincts de chasseur quand je me surprenais à la surveiller pour la suivre (par hasard évidemment) quand elle sortait respirer ou fumer une clope dehors. Du coup, j’ai crû que le fait de toujours la « scanner » pour voir comment elle était habillée était dû à la gouvernance de miss Libido qui me poussait à vouloir une nouvelle fois me délecter
de son cul et de ses seins (sous ses petits tops blancs moulants). Du coup, quand je la croisais, j’ai crû que c’était monsieur Gland-qui-gouverne qui faisait se déclencher automatiquement un sourire plus large que la moyenne (le fameux sourire du whiteshark) et s’agrandir mes pupilles (un peu plus expressives celles-là que celles du whiteshark en revanche… enfin j’espère). En gros, je me faisais peur, car cette attitude plus que lubrique était sans appel : j’étais vraiment un obsédé. J’en venais presque à trouver Didier Bourdon attachant dans le sketch Tournez Ménage. C’est pour vous dire. Et pourtant, cette nuit…

Cette nuit, elle m’a complètement
retourné

Je ne me suis pas réveillé en sueur. Les draps ne s’en souviennent pas. Je n’étais plus seul dans mon cœur, mais elle, elle n’était pas là. Excusez-moi, un relent de
Grand Corps Malade… Ou de Ronsard. Je sais pas. Enfin bref. Ce matin, en me réveillant, j’avais le smile. En me regardant dans le miroir, je me suis une nouvelle fois fait peur, mais cette fois parce que j’y ai vu le benêt du village. Vous savez celui avec son sourire béat et les yeux vides de toute étincelle? Le même. Ça fait mal. En tournant mon café, toujours avec ce sourire niait de satisfaction inexpliquée et inexplicable que seule Brigitte Fontaine est capable d’afficher avec fierté, j’ai essayé de sonder les brumes de mon cerveau en phase de réveil pour comprendre. Et là, j’ai (re)fait un rêve. Le rêve. Celui où miss Olivera et moi nous baladions dans le parc de la Citadelle (l’équivalent des Buttes). Ce rêve où on faisait un pique nique parfait parce que j’avais tous les conseils avisés pour réussir the pique nique idéal. Il faisait beau. Les gens autour de nous étaient d’humeur légère et estivale. Et moi aussi j’étais bien. Mieux que bien. J’étais ailleurs. Et quand je regardais ses yeux, j’y voyais ce quelque chose qui vous donne envie de vous rapprocher. De toucher le bras. De caresser les cheveux. Enfin, vous voyez quoi, le genre de truc qui vous met les papillons du parc dans l’estomac et créent la tension insoutenable du « vas-y / j’ose pas ». Et là (j’ai compris que c’était un rêve vu le courage que ça demande), j’ai cueilli délicatement son visage dans mes mains et je l’ai embrassée doucement, tendrement. En me reculant pour la regarder, j’ai vu son sourire, son regard, et on s’est serrés dans les bras avec cette tendresse qui, à bien y réfléchir, était tellement violente que ce doit être elle qui m’a réveillé parce que je ne me souviens plus du rêve après ça. Et c’est là, devant mon café tiède et ma burne dépassant du calebute et frottant sur le canapé, que je me suis pris le Chocobon en pleine face (pour ceux qui suivent). Forcément, dans ces cas-là, on se refait l’histoire à l’envers…

Même pas en rêve !

Et en y repensant bien, contrairement à bien d’autres « cas », je ne l’ai jamais rêvée en secrétaire hyper chaude en talons aiguille et porte-jarretelles. Jamais je ne l’ai prise en levrette dans mes rêves fantasmés de soirées gang bang. Jamais je n’ai essayé d’imaginer les petits cris qu’elle pourrait pousser quand elle jouit. Je n’ai même jamais essayé de l’attaquer en biais par des remarques salaces. Et finalement, ce sourire qui vient tout seul quand je la croise, ces mini-infartus auxquels je ne prêtais pas attention quand elle disait partir pour quinze jours, cette façon d’être heureux quand elle s’habillait avec goût et avec classe… Tout cela n’avait en fait rien à voir avec une quelconque dépravation. Oh mon Dieu. Oh non. Pas possible. Pas moi.

Finalement, ce matin, je me suis rendu compte qu’être un obsédé sexuel, un pervers, un gland sur pattes, une bite à yeux, c’était plutôt confortable et sécurisant. Parce que je viens de me rendre compte d’une chose horrible. Ingérable. Aliénante. Une horreur. Une ignominie. Une bassesse. Le début de la fin… Je ne suis pas un pervers. Je suis pire. Mon Dieu. Putain. Et merde… Je suis un sentimental…