Chéri ? T’as rien remarqué chez moi ?

Ecrit avec doigté par: PataponMillésime 2007

Les femmes sont comme ça, elles ont besoin de nous raconter des trucs à n'en plus finir, pour vérifier qu'on écoute (aucune obligation de répondre, ce n'est pas ce qu'elles attendent), et de changer des insignifiantes montagnes de choses sur elles, pour vérifier qu'on les remarque (et là il faut trouver cela joli, sinon…) Alors quand vient la question suscitée, c'est souvent qu'il est déjà trop tard. Article écrit en couple.

Et hier soir, elle est tombée. Pourquoi maintenant, pourquoi moi, la journée n'a pas été assez dure, assez longue? La vérité c'est que vous êtes crevé et que vous n'avez qu'une envie, celle de vous coucher en finissant votre partie de world poker tour sur PSP, au fond de la couette, sans personne pour vous coller des pieds froids dans les jambes ou vous réclamer des gratouilles dans le dos ou vous demander un massage ou vous parler tout « simplement ».

Mais voilà, madame, à dix mille lieux de vos envies, veut passer et « papoter un peu pour bien finir cette journée ». À deux doigts de lui dire que vous ne « papotez » pas, vous répondez un « oui » pour ne pas la froisser, car là encore, bon prince, les envies de madame passent avant les vôtres… Et hop, ni une ni deux, ding dong et elle est là, à sautiller, à déblatérer des millions de mots en même temps sur ses collègues, ses copines, le mec qu'elle a vu dans le métro, le mec qu'elle a vu dans la rue, ce qu'elle a mangé, ce qu'elle n'a pas mangé… Et le pire c'est
qu'elle gesticule en même temps. Vous coupez court de manière diplomatique en lui proposant quelque chose qu'elle ne pourra JAMAIS vous reprocher « Tu veux du thé? » (notez).
Concentré pour ne pas vous ébouillanter et bien faire le thé comme elle aime, vous entendez, presque malgré vous le « Chéri? T'as rien remarqué chez moi? »

Cette phrase, dont vous avez vaguement entendu parler (grâce à ra7or vous êtes prévenus), pour vous plutôt une éternelle légende urbaine qu'un danger réel, dont vous ne saisissez pas tous les enjeux, rentre par une oreille, sort par l'autre en passant par la case DING DONG Alerte Code Rouge.

Brr. Zzzkk. krik krik… biiiip… La machine se met en route et de cette phrase, vous avez réussi à comprendre trois mots : Chéri-remarqué-MOI.

Le mot MOI vous donne le signal, trouver une réponse. Vite.

Répondre oui, mais pas n'importe quoi (on n'est plus au bureau), les conséquences seraient terribles (pas de sexe). Ne pensez pas faire semblant de ne pas avoir entendu, cela vaut un « pas de sexe » aussi.  Procéder à une fine analyse binaire avant (ce matin) / après (ce soir) prendrait trop de temps et marquerait le début d'un long monologue de madame sur votre égoïsme, votre lourdeur et votre manque d'attention. Vous le savez, vous avez tous les défauts du monde.

Solution ra7or clé en main :
Simplement, reprendre les bases du CP, l'analyse par déduction marinée dans un bouillon d'humour. Énumérez (vous gagnerez du temps) et passez en mode « yeux dans les yeux » :

-euh. Attends… euh… (Ça commence bien, faites une phrase simple, sujet-verbe-complément, car madame fronce déjà les sourcils )
-tes.. euh. Boucles d'oreilles ? Non je les connais
-ton pull, on l'a acheté ensemble, très joli… (m'a coûté la peau des fesses)
-t'as un faux diesel sur les fesses, non c'est pas ça (faites que le chien aboie ou que la machine à laver sorte de sa grotte)
-tes chaussures sont chouettes ma chérie, mais je sais que ce n'est pas ça
— ton collier, c'est ton ex qui te l'a offert (ce con…)

— tes lèvres sont… (gercées?)…superbes comme d'habitude (il est mort ou quoi ce chien. Allez aboie là !)

— tes cheveux sont brillants et resplendissent de santé (merci la pub)

—tu as bonne mine, des UV peut-être? (vous savez que non)

— ton bracelet, ouais non c'est pas ça.

— tu as perdu du poids? (grand moment de silence)

—ah, tes dents, elles sont… propres, heu blanches, okay c'est pas ça.

— tes chaussettes, bah je ne les vois pas (et je m'en fous…)

— ta culotte. Eh he. Ben non plus (ça ne l'a fait pas rire du tout !)

Bref, vous vous perdez dans des détails, pendant qu'elle vous détaille, les yeux brillants, prête à exploser de douleur parce que (de son point de vue) vous avez tout gâché. Et immanquablement, vous vous mettez à paniquer. Ce n'est pas la scène crise de larmes et reproches à la pelle qui vous intimide (vous y avez déjà eu droit dimanche dernier… en face de vos amis), mais vous venez d'apercevoir l'horloge du four qui se rapproche dangereusement de l'heure du crime.

Surtout NE PAS la quitter des yeux…Trop tard…

« Mais je le sais de toute façon que tu t'en fous pour regarder les nanas dans le métro y'a du monde, mais dès qu'il s'agit d'un peu de sensibilité et d'attention je peux toujours courir et à quoi ça sert que je me fasse belle le matin et tu sais ya un mec du boulot qui m'a dit que j'étais très jolie aujourd'hui et qui m'a invité à prendre un café chez lui et pourquoi ce sont toujours les autres qui sont comme ça et toi tu es incapable de voir… »

Et – merde

La bonne réponse était « tu as coupé 1,5 cm de ta mèche de cheveux à l'avant, celle qui tombe un peu sur tes yeux parce que ça te gênait certainement pour travailler » et accessoirement, pour ceux qui auront trouvé d'en rajouter une couche « d'ailleurs ça te va bien ma chérie ».

Bon voilà, on apporte donc pas vraiment de solution, sinon qu'on a envie de tuer le mec qui lui a fait un compliment de dragueur de supermarché pendant sa journée, la cause de tout le problème...mais si vous autres avez des trucs et astuces pour faire mouche… Partagez ;-)