De l’art d’avoir la gaule – Part 01

Ecrit avec doigté par: Miss Ra7orMillésime 2007

« Le sexe masculin est ce qu'il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève » Frédéric Dard (le sus nommé)

Il m’arrive de temps en temps de surprendre des discussions féminines qui tournent autour de cet objet charnel controversé, qu’elles adorent tout autant qu’elles haïssent : J’ai nommé « le sexe masculin ». Entre les vérités vraies et les mensonges éhontés, il subsiste une légende urbaine largement répandue que je voudrais aujourd’hui terrasser une bonne fois pour toutes.

Cette légende consiste à dire que nous, mâles, faisons à peu près ce que nous voulons avec notre bite, à savoir bander comme bon nous semble, et débander très difficilement. Que nenni.

Car effectivement, si avoir la gaule est une chose finalement assez aisée, surtout dans des situations appropriées, à base de jeunes demoiselles légèrement vêtues de préférence, garder cette érection peut être parfois plus difficile. 

J’ai une concession à faire, Mesdemoiselles : la nature a bien donné un pénis et un cerveau à l’homme, mais pas assez de sang pour irriguer les deux en même temps. Qu’une bonne chose soit claire : il est tout à fait inopportun pour un mâle de réfléchir quand il bande. Car si une simple pensée peut soulever notre machine à plaisir, une autre pensée peut tout autant la déstabiliser, la transformant en un laps de temps vertigineusement court, d’un fier objet indestructible et reluisant en un ridicule pédoncule fripé, à deux doigts de vouloir disparaître à l’intérieur de nous même. Eh oui, notre Jean René national a ses humeurs, il ne faut pas le contrarier.

Cette pensée peut être n’importe quoi et peut être la conséquence de choses insignifiantes. Un prénom mal placé, un parfum trop chargé en souvenir, une musique mal choisie, un lit qui grince de trop… Or, il n’y a rien de plus horrible et désagréable que de sentir que la situation nous échappe. Premièrement, pour nous : Plus d’érection, plus de plaisir. Deuxièmement, pour nous aussi : Un peu de fierté, merde. C’est la loose quand même. Troisièmement, pour elle : Je n’ose imaginer les milliards de questions qu’elle se pose quand elle sent que la fermeté n’est plus au rendez-vous. La première étant : « je ne lui plais pas, c’est sûr ».

Qu’une autre chose soit encore bien claire entre nous : Si vraiment la fille n’est pas au goût de l’homme, il n’attend pas de demander confirmation à son sexe. Ou alors si, mais il est bourré.

La réaction que j’ai le plus souvent observée du côté de la fille est une forme de panique, une incapacité totale à savoir quoi faire devant cette mort lente. Quelques mots timides pour nous rassurer, tout autant qu’elle, du type : « Ce n’est pas grave, tu vas te rattraper tout à l’heure ». Certaines, plus courageuses, se lancent éperdument dans un bouche-à-bouche haletant pour tenter de sauver ce qui reste de ce boudin ramolli. Mais il est trop tard. Paix à son âme.

« Pourquoi? »

Mais alors pourquoi? Pourquoi? Pourquoi Popol m’a soudainement fait défaut?

Moi qui n’attendais que ça depuis deux mois. Coucher avec Bérénice. Rien que la vue de ces petits seins déformant son petit haut Zadig & Voltaire avait le même effet sur mon Jean. Et voilà qu’après des efforts surhumains, elle accepte enfin de se laisser emprisonner dans mon piège savamment tendu – hum – depuis des semaines. Des préliminaires pendant des heures, je ne m’en lasse pas. Elle a dû jouir déjà deux fois quand je découvre au grand jour l’objet de toutes les convoitises (enfin, du moins la sienne). Rien ne peut m’arrêter! À moins que… « La capote » Première épreuve pour notre Bebel : La capote. Ne dissertons pas sur le côté tue-l’amour de ce bout de plastique, c’est déjà acquis. Mais au-delà de l’amour, il y a bien autre chose qu’il peut tuer. Car le temps de la trouver (d’où la grande utilité de la cacher dans le popples à porté de main), d’ouvrir délicatement l’emballage plastique (« Attention, il ne faut pas porter de bagues, gna gna gna »), de trouver dans quel sens il faut le mettre (dans le noir, en train de tirer la langue, cherchant pour le mieux le seul petit rayon de lune qui passe à travers les volets), votre fier partenaire peut être parti se coucher. Eh oui, si l’on ne pense pas à lui, il se vexe. Alors, me direz-vous, ce n’est pas grave, il suffit de demander à la fille de nous aider, pour que le contact charnel et délicat des doigts
agiles lui permette de garder sa vigilance. Bon, déjà, d’une, c’est typiquement le genre de chose qu’on ne demande pas. Je me vois très mal regarder Bérénice droit dans les yeux :

« Euh, je me demandais, comme j’ai peur de perdre un peut
l’inspiration, est-ce que tu pourrais, comment dire… Euh, enfin, tu
vois quoi… lui faire des gentillesses… Voir des bisous… Hein? Non? Ah
OK… »

Et de deux, ce n’est pas forcément la meilleure des idées.

« Maladresse féminine — Part 01 »

Ici commence la deuxième épreuve : s’il y a quelque chose que l’on n’apprend pas aux demoiselles entre deux cours de mathématiques, c’est bien l’art et la manière de tenir (et d’agiter) un sexe d’homme. Car si le contact (juste le contact) d’une main (non froide) est, ma foi, fort agréable, certaines d’entre vous se lancent dans des séances de massages désespérés, inspirés de je ne sais quelle expérience de secouage de shaker McSalad pomme terre et concombre. En tout cas, le nôtre – de concombre – n’apprécie guère ce type de traitement. Jean  Claude est sensible.

(Voir aussi la version ketchup)

« Maladresse féminine — Part 02 »

La troisième épreuve peut commencer quand la demoiselle remarque que la pression sous ses doigts est soudainement moins soutenue. Cette inquiétante baisse de tonus lui inspire une fellation endiablée, d’une vigueur souvent proportionnelle à la peur de voir le chibre (ou ce qu’il en reste) disparaître dans sa petite touffe de poils.

C’est alors parfois à ce moment-là que je commence à tordre les doigts de pieds et à faire des nœuds dans les draps avec mes mains. Car si moi je grince des dents, c’est surtout parce qu’elle a décidé de les serrer. Et autant vous dire que le contact coupant de l’ivoire sur le moelleux d’un gland, ça n’a jamais donné grand-chose. « Mauvaise réponse » une quatrième épreuve, et non des moindres, m’a déjà terrassé une fois il y a quelque temps. Nous étions en train de convoler sauvagement, tout ce qu’il y a de plus normal. La demoiselle, comme emportée par un élan non contrôlé de plaisir, accompagne ses petits soupirs de remarques positives et enjouées, tel que : « oh oui » « Vas y plus fort ». Jusque-là, tout va bien. Il est même plutôt motivant de voir que l’on est soutenu. Et puis, c’est le drame. Alors que j’allais atteindre le point de non-retour, elle me susurre à l’oreille : « Vas-y, Mathieu, c’est bon ».

Rien de spécial, vous aller me dire. Rien de spécial, si ce n’est que Mathieu, c’est tout sauf mon prénom. Autant vous dire que l’effet fut immédiat et radical. En deux secondes, Popol flottait dans son pyjama en caoutchouc. Monsieur est susceptible. Une vraie gonzesse. « Mauvaise ambiance » un autre cas d’école à éviter : l’ambiance musicale doit être au poil. Préférez une musique sans paroles, ou du moins, sans paroles
françaises. Je m’explique. Nous étions tranquillement en train de nous émouvoir tous les deux de la chaleur de nos corps lorsque ma playlist préférée, savamment programmée en « shuffle » + « repeat all » (on ne sait jamais, ça peut
durer longtemps) nous propose une chanson de Miossec. Ladite chanson, intitulé « La fille à qui je pense », a un très joli refrain :

« Et dans ces moments-là

 La fille à qui je pense 

La fille à qui je pense

Est plus belle que toi »

Je ne sais pas pourquoi, il a fallu que je me lève pour aller changer la musique. Et cette intervention a été fatale, malheureusement.

La fille à qui je pensais devait être vraiment plus belle.

« Mauvais endroit »

On ne choisit pas ses voisins. Et encore moins les voisins de son hôte. Alors que nous étions en train de souffler sauvagement dans le cou de l’autre, je remarquais que le grincement du lit avait une fâcheuse tendance à nous trahir. Je tentais de modifier notre position pour atténuer ce bruit, mais rien n’y faisait. Je pensais terminer notre petite affaire dans ce brouhaha métallique (qui n’avait pas l’air de la gêner, d’ailleurs), quand un bruit sourd et répété m’interrompit. Inutile de réfléchir trop longtemps : le voisin du dessous venait de nous faire comprendre gentiment que nos ébats le dérangeaient. L’horloge indiquait 21 h 54, il nous restait donc 6 min avant de passer dans la catégorie tapage nocturne. Surtout, ne pas se déconcentrer. Faisant fi de ce premier avertissement, nous remettons le couvert de plus belle.

Rebelote. Mon hôte commence à culpabiliser. Nous décidons donc de changer de pièce. Je gardais ma concentration au maximum. La table de la cuisine fera l’affaire. Le voisin du dessous a dû croire que nous nous foutions vraiment de sa gueule, car le bruit de la table cognant contre le mur était autrement plus fracassant que celui du grincement de lit. C’est au moment où le doux son de la sonnette retentit dans l’appartement que je perdis définitivement l’inspiration. Décidément, on n’a pas une vie facile…

Voilà, tout ça pour dire que non, nous ne sommes pas que des machines, de simples robots bandant pour un oui ou pour un non, pour une fesse ou pour un sein. Ne vous vexez pas Mesdemoiselles, quand un homme perd soudain son inspiration, vous n’y êtes souvent pour pas grand-chose. 

Évitez tout de même de vous tromper de prénom.