De l’art d’avoir la gaule – Part 02

Ecrit avec doigté par: Miss Ra7orMillésime 2007

 

Il existe aussi d’autres situations, non moins gênantes, où nos attributs refusent obstinément de rester tranquilles. Voici une petite anecdote qui illustre parfaitement ce problème de contrôle de soi.

Il y a quelques mois, alors que j’avais pris une journée de RTT, je décidais de m’offrir très égoïstement une après-midi dans un SPA. Alors que j’errais dans le tréfonds du 10e, je découvre au détour d’une rue, un centre esthétique mixte qui proposait une séance de 2 h 30 pour pas très cher, hammam, gommage, massage, la totale. Aller, zou, on va voir à quoi ça ressemble. L’endroit est assez sobre, loin des fioritures à la Nuxe. Une belle blonde vénitienne m’accueille avec un joli sourire, et surtout avec un bel accent des pays de l’Est qui ne nuit aucunement à son charme. Nous discutons 10 min pour choisir la formule. Elle semble gênée, puis m’explique que sa patronne n’est pas là et qu’il faut quelqu’un pour garder la boutique pendant que nous serons en sous-sol. Nous attendons encore une ou deux minutes, puis elle décide tout simplement de fermer à clé le magasin et m’entraîne vers l’escalier.

L’endroit est mignon, une ancienne cave à vin réhabilitée, le tout baigné d’une petite musique world, et des petites senteurs d’encens. Le long du mur, une cabine de douche en plastique dernier cri, aussi spacieuse que ma salle de bain, complètement transparente.

Elle m’annonce le programme. Tout d’abord, c’est la douche. OK. Elle m’invite à me déshabiller et à poser mes affaires. Un doute m’étreint. Je fais quoi de mon caleçon? Je l’enlève? La timidité qui
me caractérise m’empêche de lui poser la question. Bon, je me dis que ça doit être normal, ou qu’elle va peut être me donner un maillot de bain jetable, que sais je. Je me retrouve donc nu au moment ou je rentre dans la cabine. L’eau, d’une température parfaite, s’écoule sur mon corps. À travers la vitre transparente, je vois ma petite Roumaine plier des serviettes de toilette.

Et, sans prévenir, Popol sort de sa torpeur.Alors, les raisons pour lesquelles le sang a soudainement afflué dans cette partie de mon corps me sont encore inconnues, mais il semblerait que l’esprit de décontraction et de bien-être général que dégageait la pièce lui ait beaucoup plu. Bref, j’ai une belle demi-molle. Autant vous avouer, mesdemoiselles, que ce type de demi-molle est très tenace.

Je reprends mon calme. Tout va bien. J’inspire profondément. J’expire douuuuuucement. Rien n’y fait. Je crois même que j‘ai gagné quelques degrés d’inclinaison. Je me dis que, de toute façon, quand Svetlana va s’approcher, elle va faire fuir définitivement mon ardeur. D’ailleurs, la voici qui s’approche et qui ouvre la cabine de douche. Tout en restant à l’extérieur, elle m’invite à m’approcher d’elle. Elle tient dans sa main un petit réceptacle en pierre. Sûrement le savon noir. Comme prévu, Jean René, intimidé par la demoiselle, commence à s’essouffler. Ouf. Ce n’est pas pour autant que je peux me retourner. Je fais donc des petits pas en arrière pour m’approcher. Je croyais mon calvaire terminé. C’était sans compter sur le contact des doigts agiles enduit de savon noir huileux de ma belle Russe sur mon corps fraîchement douché. Imparable. À peine le massage avait-il commencé, que notre ami Jean Claude se mettait quasiment au garde-à-vous, prêt à servir pour la mère patrie. C’est ce qu’on appelle un grand moment de solitude.

Penser à autre chose. Penser à autre chose.J’entame discrètement la respiration du chien, comme quand on accouche. Pff Pff Pff Pff. Je ne sais pas si ça sert à quelque chose, mais moi ça me calme. Penser à autre chose ! Pff Pff Pff Pff.
Ma prof de sciences Nat’ de quatrième, Mlle Perchon. Pff Pff Pff Pff. Marche pas. Merde. Pff Pff Pff Pff. Euh… La mère de mon pote Sébastien. (Simone pour les intimes) Pff Pff Pff Pff. Marche pas. Putain de meeeeeerde. Pff Pff Pff Pff. Massacre à la tronçonneuse. Pff Pff Pff Pff. Ah ! Des signes de faiblesses. Je sens la main de mon hôte sur mes fesses Pff Pff Pff Pff. Ah meeeerde, ça repart. J’arrive à stabiliser la situation aux environs de la ligne horizontale. Vite, vite, une douche froide ! Mais Svetlana me fait signe qu’elle a terminé la face Sud et qu’elle doit passer à la face Nord. Elle pose la main sur mon épaule et me fait pivoter vers elle. Je crois que j’aurais dû prendre une photo de ma tête à ce moment-là. Un grand sourire crispé avec des yeux de cocker. Comme dans les mangas. Avec la grosse goutte sur la tempe.

Elle entame, imperturbable, la face Nord. Les pectoraux, les bras, les épaules. Ce n’est pas possible, elle a vu. En tout cas, moi, je n’ose plus regarder. Et puis, c’est l’estocade finale : elle s’accroupit devant moi et me passe du savon sur les cuisses. Il se passe quoi là? C’est un film de cul, ou bien? Il y a des caméras, c’est ça? Marcel Béliveau es tu là? Je récapitule un peu la situation : je suis tout seul dans la cave d’une boutique fermée à clé, accompagné d’une demoiselle fort jolie, accroupie devant moi, qui m’enduit les cuisses d’une matière huileuse, avec la bouche pulpeuse à une vingtaine de centimètres de ma fraise à moitié décalottée. Tout va bien. All is under control. Pff Pff Pff Pff. J’ai les mains crispées sur les rebords de la cabine. Je sens que je ne maîtrise plus rien. Il va falloir qu’elle se recule, sinon, elle va se prendre un coup dans la figure. 

Pff Pff Pff Pff. Et, sans prévenir, elle se relève, naturelle, et m’invite à regagner la cabine pour le hammam. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle était vexée ou si c’est parce qu’elle voulait mettre rapidement fin à mes ardeurs, mais je n’ai jamais été dans un hammam aussi chaud. Inutile de vous dire que je n’ai pas revu Bebel de l’après-midi.

Je vous jure que, ce jour-là, si j’avais eu un gros billet, et que j’avais su dire « achève-moi » en russe, il se serait passé autre chose dans cette cave…