De l'art de regarder l'autre

Ecrit avec doigté par: Miss Ra7orMillésime 2008

Vous n'attendiez plus rien. Vous n'y pensiez même plus. Enfin si, on y pense toujours un peu. Elle vient d'apparaitre dans votre vie.

Une amie d'une amie, une collègue de boulot, une rencontre impromptue. Elle fait partie de votre quotidien, vous la croisez de temps en temps. Pour le moment, ce n'est ni plus ni moins que l'amie d'une amie, une collègue de boulot ou une rencontre impromptue. Vous la voyez, vous lui parlez, vous l'observez, mais rien ne traverse votre esprit. Ce n'est que l'amie d'une amie, une collègue de boulot ou une rencontre impromptue.Les jours passent ainsi et vous vaquez à vos diverses occupations. Les semaines peuvent passer de la sorte sans que rien ne vous prévienne de la suite. Vous aimez sa présence. Elle est apaisante, réconfortante, gaie. Elle est comme la nicotine que l'on s'injecte petit à petit. Et un jour, vous la regardez. Elle est là, à vos côtés. Vous parlez de choses et d'autres. Mais vous vous rendez compte que vous ne l'écoutez plus. Vous la regardez. Vraiment. A contre jour, vous observez son profil, vous détaillez chaque centimètre carré de son front, vous suivez la ligne de son nez, vous restez un moment sur cette bouche qui bouge toute seule sans émettre de son. Vous remontez vers ses yeux, ses cils, ses sourcils, puis redescendez dans son oreille et enfin son cou. Elle tourne la tête et vous présente sa nuque. Vous vous y attardez un peu avant de remonter dans ses cheveux. Tout est lent, comme un film au ralenti. Elle se retourne vers vous et vous regarde, interrogateur.

« Tu ne m'écoutes pas ? »

« Euh…Si… si… »

« Et t'en penses quoi ? »

« Euh… Je… J'en sais rien »

Et pourtant vous savez très bien. Vous savez très bien ce qui vient de se passer dans votre enchevêtrement de neurones. Vous savez maintenant quelle était cette douce sensation qui vous envahissait petit à petit depuis quelques jours. Vous savez maintenant pourquoi sa présence est si agréable. Elle vous lance ce regard qui ne va plus vous quitter.

« Tu viens? On va rejoindre les autres »

Alors qu'elle s'éloigne, vous restez immobile, songeant à ce tremblement de terre qui vient d'avoir lieu. Un raz de marée silencieux, ravageur, que rien ne peut trahir, à part peut être cette douce chaleur qui envahit votre poitrine. Et maintenant que vous l'avez regardé, ce ne sera plus, désormais, l'amie d'une amie, une collègue de boulot ou une rencontre impromptue.