Génération pornostar

Ecrit avec doigté par: PataponMillésime 2008

On parle de tecktonik, on parle de télé-réalité musicale, mais si il y a bien une tendance forte et durable qui se dégage de ces dernières années, c'est bien l'effervescence de la pornographie.

Le sexe traîne partout

Repris par la pub (puma, Chanel...), repris par les industriels (nickel, yes for love...), c'est dit, le porno fait partie de notre paysage.

Un enfant du porno

Je me souviens, mon premier porno était crypté (1992), mon premier porno non crypté était un Layahe diffusé par M6 (1993) après culture pub, ma première VHS porno était un vixens (1995), mon premier jeu vidéo porno tournait sur un mac en noir et blanc (1988 !), mes premiers JPG pornos s'échangeaient sur une disquette 3 pouces et demi (1994), enfin mon premier magasine porno était un club confidentiel (1994) ... acheté sous le survêt à une racaille de mon collège, puis peu à peu, le porno est entré dans ma vie par une voie de plus en plus large : arrivée du décodeur (1996), arrivée du satellite et d'XXL (1996), arrivée du web (1997), arrivée des soirées aux Hustler (2004), arrivée de la chaîne éponyme (2005), arrivée du pack frissons extrême (2007), arrivée de youporn (2007), arrivée au salon de l'érotisme (2008)... et en 2009, le porno sera interactif.

Génération porno

Alors si c'était une galère, un truc qui puait l'interdit, quelque chose de plus ou moins tabou, quelque chose de pas donné, quelque chose de "mal" il y 10 ans, je me pose la question de la génération actuelle. Ceux qui ont 13 ans aujourd'hui, eux qui sont surexposés, les enfants ont toujours parlé de cul, mais à mon époque, l'imagination tenait encore un rôle primordial, je ne fais pas mon rabat-joie, mais je pense être en droit de me demander si avec la facilité contemporaine d'accès au porno, en grande partie via Internet : "oui maman, il y a plein de pop up sur ce site", "non maman, ce n'est pas moi qui ai été sur youporn, regarde, à 16h je suis à l'école..." ; la génération future n'est pas en train d'inventer un nouveau rapport au porno, et donc par extension au sexe. Un dernier mot à propos de youporn and Co, un épisode récent de South Park montre bien qu'on ne peut plus se branler comme avant.

Les chats ne font pas des chiens, ils font des cochons.

Alors oui je me demande si mes enfants me prendront pour un ringard du sexe, ça m'ennuie. Les tabous sautent tellement vite ces derniers temps que le cloisonnement entre générations ne nous abritera plus des discussions autour du sexe, oui, je vous l'annonce, vos enfants auront plein de choses à vous apprendre. Ouch.

Mais la jeune génération actuelle s'en sort elle ? Les garçons parviennent-ils à se sortir de l'image pour avoir des rapports sexuels sincères avec les filles ou les garçons qui leur plaisent? Je
n'ai pas la réponse, mais si je prenais les reportages de TF1 comme parole d'évangile, je me ferais du souci pour eux. Après il faut faire la part des choses et les détraqués restent des détraqués, et les gens équilibrés des gens équilibrés, quelque soit leur degré de familiarité avec le porno, qu'en pensez-vous?

C'est grave docteur ?

Je ne sais pas, moi je revendique le fait que ma vie sexuelle a forcément été inspirée, d'une manière ou d'une autre, par le porno. Pour autant, mes rapports ne ressemblent pas vraiment à ce qu'on peut voir sur les écrans. Je ne me considère par comme un artiste du sexe, je ne suis pas celui qui pourra te parler d'une éjaculation faciale (genre à part entière) pendant des heures, mais il faut reconnaître, n'en déplaise à ma copine Isabelle Alonso, que le succès manifeste et la variété de cette discipline la hissent au rang de phénomène de société, voire de sport. Et le sport, c'est bon non?

 

Dégradant pour la femme?

Comme d'habitude, je ne prends pas les gens pour des cons, ceux qui pratiquent l'EF en couple, au même titre que les courses du samedi, le font dans le consentement mutuel, je ne crois pas que les femmes soient
soumises à l'influence du porno, de la société (pas si) masculine dans laquelle nous vivons. Alors je dis merde à Isabelle Alonso, occupe-toi de ton minou, si une femme est forcée de faire quelque chose, c'est dégradant, prendre la purée en pleine face aussi bien que de la préparer pour toute la famille. Mais si elle n'est pas contre, si elle aime ça, alors je lui file l'aspirateur en prime.

Pour finir.

Je ne sais pas bien où va cet article, il y a tant de choses à dire, mais il faut bien le finir, Polo et moi-même avons été au salon de l'érotisme cette année pour prendre la température sociale du phénomène. Nous pensions, à tort, que le porno porté par le phénomène des sextoys (où les femmes sont pour le coup vraiment privilégiées, ce n’est pas jute) s'était ouvert à une nouvelle population, à base de bobo. Que nenni, ce sont toujours les mêmes freaks marginaux qui se font ambassadeurs du sexe libéré en France : couple échangistes, SM, racailles ... et toujours les mêmes bimbos dégueulasses qui font tourner la machine et monter la pression. Dans ces conditions, difficile encore de revendiquer que le porno est un service public, un droit, un art. Ca reste un monde, plutôt glauque, qui te laisse une sale impression, mais qui te rappelle une chose : la chance que tu as de ne pas encore avoir démystifié le sexe, de conserver ce bonheur universel comme un moment rare, intense, et de te dire que oui par opposition à la viande qui nous a été donnée de voir sur le salon : les filles que nous avons eu la chance de fréquenter dans nos vies sont vraiment délicieuses.

Epilogue intégral.

Toute cette chair nous ferait apprécier à sa juste valeur la simplicité d'une fille simplement jolie, qui nous plait pour quelque chose d'autre que son QS (quotient sexuel), c'est bon de pouvoir se dire qu'on va prendre un plaisir fou à faire un simple câlin, à s'endormir près d'elle. Quand on baigne dans le porno, bah la simplicité du réel, c'est une bouffée d'oxygène qui renforce l'amour.

Billet sponsorisé en vue de la sortie du nouveau film : Harry Poppers et la Croupe de Feu.