Test de la Porsche 911 S, 38 ans plus tard

Ecrit avec doigté par: PataponMillésime 2008

Parce qu’il y a 38 ans je n’avais pas le permis de conduire, qu’en réalité je n’étais même pas né et que mes parents allaient tout juste se marier, je n’étais pas en mesure de tester la nouvelle 911.

Aujourd’hui, si ce modèle n’est plus exactement le must have du jeune papa en quête de sensation, il reste un véritable must drive pour tout passionné de sport automobile. Et comme disait l’autre, il n’est jamais trop tard. La légende qui entoure la première génération de 911 (type 901) n’est plus à faire : automobiles racées, conduite radicale, équipements haut de gamme. Mad-Math dont la passion pour les Stuttgartiennes de cette époque l’a conduit à en faire son métier, m’a offert le privilège d’essayer son modèle personnel, une 911 griffée S, habillée d’une robe orange outrageuse, et préparée pour la performance.

J’accepte son invitation au crime avec humilité, ce modèle m’intimide clairement… moi, l’éternel conducteur d’Austin. J’installe donc mon modeste mètre soixante-dix-sept à bord, règle le baquet, ajuste le harnais, vérifie les rétros (tiens, pas de rétro à droite… bon), prends le volant, tâte le levier, repère la première (qui est traditionnellement en bas à gauche), introduit la clé à ma main gauche c’est parti.

Dernier conseil de mon hôte : « Dans les virages, une seule chose à savoir, toujours garder un filet de gaz, sinon, bonjour les dégâts »… me voilà rassuré.

Première étape, je jauge la bête : conduite très directe (tu tournes le volant, ça tourne), accélération violente, freinage… ah non, pas encore testé… Plus de 30 ans la séparent de la Lamborghini Gallardo
que j’ai récemment testée, mais un point commun en tout cas, ces voitures sont des monstres qui demandent à vos muscles d’être à la hauteur des chevaux qu’elles violentent… en effet, la conduite sportive prend ici tout son sens, pour enfoncer l’accélérateur, la pédale d’embrayage et même (surtout) le frein, il ne s’agit pas de les caresser… au contraire, mieux vaut avoir le pied lourd. Ca tombe bien.

A peine 1 km parcouru, le temps de m’habituer, et sans m’en rendre compte, je frôle déjà avec les 200… merde alors, je n’ai rien vu venir. A chaque accélération, le moteur hurle, et plus il hurle, plus il aime ça (comprendre, ça accélère de plus en plus fort à mesure que le moteur prend des tours)… et moi aussi. La route défile, les virages s’enchainent, mon plaisir augmente à chaque petit évènement anodin sur n’importe quelle autre voiture : rétrogradage, remise de gaz, clignotant, coup d’œil dans le rétro, appel de phares… Bref, la ballade m’enchante, alternant douceur et violence… finalement un peu comme vous savez quoi.

Justement, c’est là le problème… finalement un homme ce n’est pas compliqué. Faire l’amour à un top modèle ou conduire un modèle top, c’est pareil. C’est toujours l’envie d’assouvir un fantasme de grand gamin. Mais rassurez-vous, en général, automobile et femmes font bon ménage dans le cœur des hommes… moi par exemple, j’aime les petites anglaises… et pourtant, dans mon lit, je les pratique ni petites, ni anglaises.