Un Ra7orboy s’envoie en l’air !

Ecrit avec doigté par: EsquimauMillésime 2007

J’ai toujours adoré les aéroports. Entre 2 villes, 2 pays, en dehors du temps, c’est comme une page blanche pour notre imagination (waouh on dirait du Christophe Maé), enfin surtout une page blanche pour les rêves et les fantasmes. Rappelez-vous les premières minutes du film Fight Club, où Edward Norton se réveille dans un avion, puis dans un autre, perdu dans les décalages horaires, entre rêve et réalité. Ben moi c’est à peu près à ça que je ressemble ma vie en ce moment.

L’aéroport (international évidemment, sinon c’est pas drôle), c’est le seul endroit où je me permets d’être quelqu’un d’autre : un business man branleur de 25 ans avec ses lunettes de soleil en pleine nuit « parce que tu vois la semaine d’avant j’étais à Miami je suis claqué là je dois aller à London trop hype mais tellement relou toute cette lumière ouais putain c’est quoi ces pauvres gens me touchez pas bordel». J’emmerde le monde dans les aéroports, je suis le moins aimable possible et je joue le jeu du mec inaccessible, pourquoi ? Parce que je voyage en business connard. Le seul petit con qui a droit au lounge VIP avec bouffe et Bordeaux à volonté (goutez le Saint Julien, formidable) et la coupe de Veuve Cliquot pour mieux dormir après, le seul qui a droit à son appel au micro « parce que merde je vais quand même pas rentrer après la classe éco », le seul qu’on fusille du regard en cherchant son siège dans l’avion, affalé sur mon siège en sirotant mon champ qu’une bombe en costume m’a gentiment apporté avec des petits fours. Mon air dédaigneux n’arrange pas l’humeur des pauvres passagers qui

s’entasseront derrière moi au milieu des chiards, des presque-pauvres et des pue-des-pieds...

Mais n’allons pas trop vite et revenons à notre check-in, car c’est là que tout se passe, c’est là qu’on fait la 1re impression : En grillant toute la queue, je n’en rate pas une miette,toute nana plutôt pas mal passe au scanner, sujette de mes interrogations quant à savoir si je pourrais me retrouver à côté d’elle dans l’avion, et si plus si affinité. À moitié endormi, je me vois déjà, engageant une conversation maladroite, modeste et tout et tout
« oui en fait je passais la journée à Paris pour le boulot, là je reviens à Dubaï, oui je vis là-bas c’est sympa, mais sans plus, etc., etc. », proposant gentiment de l’aider avec son écran tactile, la conseillant sur les films que j’ai déjà tout vu évidemment, papotant d’un air dégagé et poli, jusqu’au moment où les turbulences se font sentir, attachez votre ceinture, verrouillage des portes arrière, armement des toboggans, etc. on tombe, tout le monde panique… Là 2 possibilités se présentent :

- Je me tape la nana tout de suite, car nous sommes tous les deux des adultes responsables et consentants qui nous nous protégeons, mais on ne va quand même pas crever sans une petite gâterie.

- On s’écrase comme des merdes sur une île perdue dans le pacifique, là il se passe des choses bizarres, on se fait attaquer par des mecs qu’on appellera « les autres », puis finalement je me la tape aussi. Faut dire y’a pas grand-chose à foutre sur cette île à part baiser comme des babouins.

Bref dans tous les cas je me la tape et ça se passe super bien, ben en même temps c’est normal c’est mon rêve donc voilà c’est moi qui décide.

Ding ding le boudin de Charles de Gaulle me rappelle à l’ordre : Faut enregistrer ce bagage. Ouais ouais me casse pas les c***** hier soir j’ai dépensé 3 fois ton salaire en boîte cocotte, et des comme toi j’en croque au petit dej avec mon œuf et des mouillettes. Bref, méprisant comme il faut je m’attarde à regarder à droite à gauche et sur qui je tombe : Adriana Karembeu. Non là ce n’est même pas un rêve elle va bien-être en business avec moi. C’est la récompense en plus des 10.000 miles que je vais m’envoyer, merci patron je refais ça quand vous voulez.

Confiant en mon modjo, je me retrouve assis à côté d’elle, ahahah ça y est c’est bon je suis pas footballeur, mais ça veut pas dire que je peux pas marquer de but. Réfléchissant dans ma tête à la phrase parfaite à sortir du genre « Vous êtes ? Karembeu ? Ah non je connais pas désolé », je me refais la scène et tout roule évidemment, elle ne m’envoie pas chier, elle est très gentille et elle n’a pas d’endroit où dormir à Dubaï, formidable. M’apprêtant à attaquer ce morceau qui est sans aucun doute le plus gros steak dans lequel je pourrais planter ma fourchette, une hôtesse très vilaine vient casser le moment, proposant à cette pouf de Karembeu de changer de place, pour un siège en First !.... Ben merci c’est sympa tu viens de ruiner mon vol.

Monde de merde. L’année prochaine c’est décidé, je demande la First.